Du vert, du bleu, du golf, des links et de la Guinness !

Du vert, du bleu, du golf, des links et de la Guinness !

C’était censé être l’Irlande des cartes postales pour gens courageux : le crachin en travers de la figure, les embruns qui vous giflent avec l’élégance d’un percepteur, le ciel couleur couvercle de marmite et le swing emmitouflé dans des tenues de pluie à faire passer un pêcheur de morue pour un danseur mondain. Eh bien, pour les amateurs de ciel de plomb et de températures à décourager un radiateur, il faudra repasser. Pendant tout le séjour, la verte Erin s’est mise sur son trente-et-un : bleu azur au-dessus, lumière d’été sur les peaux, et gosiers desséchés comme un prétexte national pour se jeter sur la boisson locale. Entre le vert des fairways, le bleu du ciel et le noir de la Guinness, on a surtout souffert d’un excès de bonheur mal dissimulé.

23/05/2026 – Direction Dublin

Direction Dublin. Après un vol sans histoire, Odile nous cueille à l’aéroport avec Eugène, premier spécimen d’une collection de chauffeurs irlandais à l’accent taillé à la serpe et à l’humour gaélique, ou peut-être l’inverse, allez savoir. Le trajet commence comme une visite touristique et finit en conférence magistrale sur l’immobilier dublinois : grâce à elle, si l’envie nous prenait d’acheter un trois-pièces avec vue sur la pluie, on saurait maintenant à quel prix se vend le mètre carré.

À peine les valises jetées à l’hôtel, premier apéritif : il fallait bien découvrir qui se cachait derrière les sobriquets WhatsApp, sinon on risquait de passer le séjour à trinquer avec des surnoms comme dans une cavale de roman noir.
Et on distribue les parties du lendemain avec ce sérieux appliqué qu’ont toujours les gens qui partent jouer pour rire.

24/05/2026 – Deer Park Golf

Deer Park, le premier parcours, est juché sur une colline qui avance dans la mer et ferme la baie de Dublin. Un parkland, certes, mais avec la mer partout, comme si le paysage voulait vous faire croire que vous étiez meilleur joueur que vous n’êtes. Dès le premier trou, on joue avec l’eau et Howth Castle en toile de fond : une entrée en matière à faire croire au talent même chez les plus approximatifs. Le parcours a ce charme britannique où les pars ne sont pas donnés, mais les doubles pardonnés. On y croise des lapins peu farouches, des écureuils pressés, et même un renard la gueule chargée du malheur d’un précédent imprudent. Quant au 18e trou, beaucoup ont sincèrement pensé qu’il s’agissait d’un par 7 déguisé en exercice de patience. Au bout, la récompense visuelle arrive sous le soleil du soir, histoire de vous empêcher d’en vouloir au terrain. Et comme le club-house nous a accueillis portes closes, il a fallu reporter la tournée — autrement dit provoquer une petite crise internationale.

Ensuite, transhumance automobile au milieu du retour du festival marin d’Howth, embouteillages, patience mise à l’épreuve, et James, notre chauffeur, qui grille les feux rouges sous les hourras de ses passagers comme James Hunt franchissait la ligne d’arrivée.

Grâce à la bienveillance du personnel, on finira tout de même par dîner au bar de l’hôtel avant de s’écrouler avec la satisfaction des gens qui ont beaucoup marché, beaucoup raté et bien vécu.

25/05/2026 – Elmgreen

Elmgreen, le lendemain, c’est le second parkland, joué sous un soleil d’été que personne n’avait sérieusement espéré. Un tracé légèrement vallonné, posé entre les arbres et les aubépines en fleurs, avec ce décor qui donne envie d’être poète jusqu’au moment où il faut sortir le bois 3. Les équipes renouvelées bataillent comme il se doit pour éviter de payer l’apéritif, dont les règles sont aussi changeantes qu’attendues, c’est-à-dire suffisamment baroques pour nourrir les discussions jusqu’au dessert. Le déjeuner au Swing Yard — centre de practice ludique avec paniers de balles roses comme le mois d’octobre — permet à certains de découvrir le sticky toffee pudding : un suicide tiède au caramel coulant, quelque part entre le nirvana et l’attentat pâtissier. D’autres, plus raisonnables ou plus expérimentés, retrouvent surtout le chemin de la pinte.

Puis retour à l’hôtel avec Liam, autre cousin de Saint Patrick, chauffeur rieur de profession, arrêt douche, petite sieste pour les plus organisés, balade pour les autres, et nous voilà au Bridge, pub local de belle tenue. À ce stade, la glace est largement brisée — sauf dans les gin-tonics. Les femmes font table à part et blanc par trois bouteilles, les hommes hésitent entre les nuances de bières et les parfums de gins en refaisant un peu le monde et beaucoup les parties, ce qui est une spécialité universelle dès qu’on met des clubs, une table et deux tournées dans la même phrase.

26/05/2026 – Guinness Day

Mardi, repos golfique, mais pas repos spirituel : cap sur le centre de Dublin pour la visite de la Guinness Storehouse. Le cœur battant de la marque, le centre de gravité de l’Irlande, le phare de la diaspora irlandaise — bref, un endroit où l’on ne parle pas de bière comme d’une boisson, mais comme d’une institution. Il faut reconnaître leur savoir-faire : c’est bluffant, remarquablement mis en scène, avec des jeux d’eau et de lumière qui réussissent l’exploit d’être à la fois spectaculaires et pédagogiques. On vous raconte les composants, l’histoire, la fabrication, la fermentation, la dégustation, la publicité, avec un talent qui ferait passer une visite industrielle pour un opéra populaire. Et puis vient la pinte finale au Gravity Bar, avec sa vue à 360 degrés sur Dublin : là, même les plus blasés ont les yeux qui brillent comme des enfants au passage du Père Noël, sauf que le vieux barbu ici verse de la stout.

La troupe s’éparpille selon les envies et les fatigues : Trinity College pour les uns, The Church — restaurant dans une église désacralisée — pour les autres, le quartier de Temple, ses rues colorées, la cathédrale Saint Patrick, avant le regroupement au Temple Bar. Là, les orchestres live se succèdent, les rythmes folk et gaéliques s’enchaînent, et la noria des plateaux chargés de pintes alimente la soif d’un public aussi joyeux qu’éclectique en âge, en langue, en tenue et probablement en résistance hépatique. Un endroit à voir absolument si l’on passe à Dublin, à condition d’aimer la musique, la foule, et les lieux où la bonne humeur n’a pas besoin de traducteur.

27/05/2026 – Corballis

Puis vient Corballis. Le trajet en bus se fait au rythme d’une playlist de pubs irlandais aux accords folkloriques, et Liam rit encore qu’on ait osé lui passer Granny’s on the Whiskey — en français, « mamie tourne au whisky », ce qui, dans le contexte local, ressemble moins à une provocation qu’à un hommage. Et là, on entre dans le vif du sujet : vous avez voulu du links, vous allez avoir du links. Le ton est donné dès l’arrivée au club-house par un autochtone à l’accent trempé depuis cinquante ans dans une marinade quotidienne de Guinness. Il repère le polo d’Opio Valbonne, attrape notre président, et le dialogue pourrait se résumer ainsi : « Tu viens d’où ? — Du sud de la France. — Le sud de la France ?! » À ce moment-là, le bonhomme le regarde comme un Jamaïcain à jeun croisant un pingouin déguisé en St Patrick. « Première fois ici ? — Oui. — Alors ici, il faut une bible », mime à l’appui du pénitent qui se signe en ouvrant le livre sacré, avant de s’éloigner dans un éclat de rire qui sentait le vécu, la malice et la catastrophe annoncée.

Corballis, c’est le links dans toute sa vérité mauvaise : trous en aveugle, pièges cachés, roughs qui vous montent jusqu’aux aisselles, vent à emporter les casquettes, les scores et parfois la dignité. Certains jurent que le nom du lieu veut dire “enfer” en gaélique ; d’autres soutiennent que cela vient de « Corb » (panier) et Ballis (balles). Franchement, les deux se défendent. Parce qu’ici, si vous voulez éviter d’attaquer le deuxième panier avant le retour, il faut la vue juste, le coup droit, et une forme de foi intérieure qu’on ne développe pas dans les putting-greens de villégiature.

Et pourtant, au milieu du vacarme du vent, du bruit du ressac et des mésaventures techniques, les sourires restent. Parce que le moment est rare, différent, presque expérimental, et qu’à condition de se rappeler que ce n’est qu’un jeu, on finit par trouver ça très drôle. Le traditionnel apéritif au bar de l’hôtel remettra d’ailleurs dans le droit chemin ceux qui avaient juré d’arrêter le golf, la bière et les fish and chips — autrement dit des gens qui, heureusement, ne se connaissaient pas bien eux-mêmes.

28/05/2026 – St Anne’s Golf Club

St Anne’s Golf Club, enfin, c’est le links britannique tel qu’on l’imagine dans les beaux récits : vestiaires immenses, service de nettoyage et cirage de chaussures, club-house avec vue à 360 degrés sur la mer, puisqu’on est sur une presqu’île reliée à la terre par une bande juste assez large pour une route et pour quelques certitudes de travers. Des herbes hautes, des fairways de prés salés, et du vent, beaucoup de vent, un vent frisquet venu avec la marée rappeler aux surpris de la météo estivale précédente que les pulls n’étaient pas là pour faire joli au fond du sac. La nature y est superbe, parfois hostile, souvent brutale, mais toujours grandiose, comme si elle avait décidé de vous donner une leçon de golf en même temps qu’une leçon de modestie.

Après un traditionnel repas de golfeurs — pâtes ou club sandwiches, c’est-à-dire la haute gastronomie fonctionnelle — nous quittons ce dernier parcours irlandais à regret, avec des souvenirs plein la tête et des coups homériques rangés quelque part entre la fierté et le traumatisme.

Home sweet home

Et puis il faut bien rentrer vers notre Sud — là-bas, espère-t-on, on n’a pas besoin de bible pour jouer. Grâce à une négociation de late check-out menée par Anne avec l’habileté d’un ministre en campagne, on s’offre un dernier stop douche à l’hôtel avant de grimper dans le bus pour l’aéroport. Notre ultime chauffeur, pas le meilleur club du sac, trouve que nous n’avons pas assez poussé le chariot chargé d’un sac de golf et nous dépose au mauvais terminal, histoire de nous offrir un dernier par 5 avant la douane.

À 22h30, on touche le sol niçois : fatigués, un peu rincés, mais riches de nouvelles amitiés, de souvenirs costauds et de cette envie très nette de se retrouver vite, avant que le quotidien ne remette sa cravate.

Et puisqu’il faut rendre à chacun ce qui lui appartient, merci à Cathy d’avoir rendu tout cela possible, et à tous pour la bonne humeur, les attentions et l’entraide, surtout quand la fatigue ou la langue menaçaient de rogner le plaisir. Bref, un voyage comme on les aime : des paysages, des parties, des verres, du vent, de la camaraderie — et juste assez de chaos pour que l’histoire mérite d’être racontée.

A dh’aithghearr
(A bientôt en gaélique)

EB


Ils ont dit

Mille mercis à Cathy pour cette organisation sans faille (qui n’a jamais oublié un seul voucher !!)
René

Merci au président, à cathy, à tous pour ces bons moments partagés: une première très appréciée qui nous laisse de bien beaux souvenirs! À très bientôt sur les parcours ⛳️et à samedi ! Amitiés
Bibiche🤪et Momo😘

Merci pour ce séjour magnifiquement organisé.
Les billions of bubules, les links venteux et la bonne humeur du groupe resteront mémorables.
À bientôt
Thierry

Heureuse d avoir partagé ces supers moments avec tous et d avoir eu le plaisir de faire votre connaissance.
A bientôt.
Mariella

Merci à Cathy pour son organisation sans faille, sa bonne humeur et son efficacité, merci à vous tous pour ces moments de partage joyeux qui resteront dans les photos et nos mémoires. Ce fut un superbe voyage, une expérience inoubliable qui a tissé des liens entre nous j’ose le croire ! À très bientôt pour d’autres bubbles et parcours de folie !! 😉😃
Françoise

Un grand merci pour l’organisation de ce séjour mémorable. Bravo 👏 à Cathy pour son engagement et travail remarquable. J’ai beaucoup apprécié ces moments privilégiés passés avec vous tous.🥰
A bientôt
Ajda

Merci à Cathy, Éric et Anne pour cette belle organisation et ce magnifique séjour convivial qui nous a permis de faire la connaissance de belles personnes. Au plaisir de tous vous revoir.
Marie-Christine

Bien reposés après une grasse matinée méritée nous nous associons à tous les remerciements chaleureux. Bravo Cathy, nous savons comme il est difficile d’organiser et de profiter pleinement, nous espérons que le plaisir l’a emporté sur le stress 😘 merci au chef du village pour toutes ses propositions d’animation qui nous ont fait passé un excellent séjour. Au plaisir de vous revoir tous prochainement sur les fairways.
Virginie et Jean-Luc

Merci pour vos sympathiques messages et merci Anne pour ton aide précieuse et Éric pour tes talents de GO !
Je suis ravie que vous ayez apprécié ces moments passés ensemble, que j’ai eu moi aussi beaucoup de plaisir à partager.
J’angoissais un peu mais presque tout a bien fonctionné.
À samedi pour certains et bon WE aux autres et au plaisir de vous croiser à OPV.
Cathy

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